Devant l’hésitation de sa troupe, sentant sa réputation engagée, Antoine Lahorte qui n’a pas été pour rien instituteur, puis inspecteur de l’Éducation Nationale, repousse Claudette Ribourdel et pénètre à son tour sous l’abri: «C’est vrai que ça pue… Rien à voir avec la dernière fois que je suis venu ici… Claudette a raison, il doit y avoir une charogne!» Cependant au lieu de fuir devant la puanteur épouvantable, alors que toute sa troupe tente résolument de reculer hors de la sphère fétide, il s’avance résolument dans la grotte: «Putain de merde, s’exclame-t-il, c’est un cadavre…» Cette exclamation réveille la conscience professionnelle du docteur Marc, excite la curiosité de Julien Pouget, ancien Maître de Conférences de biologie à la faculté de Rennes, qui s’engagent derrière leur cicérone. Pas de doute, étalé dans le fond de l’abri sur un lit de sable de gré, la silhouette obscure d’un corps source, sans aucune ambiguïté de l’insupportable odeur.

Autant dire que, désormais, la préoccupation première des randonneurs n’est pas leur alimentation: lorsque les trois hommes ressortent de la grotte, la troupe se rassemble autour d’eux: «Qu’est-ce qu’on fait?» demande Martine Dutronc de sa voix fluette d’éternelle adolescente. «Il faut faire quelque chose» répond fermement Julien Pouget; «Oui, mais quoi?» demande Claudette Ribourdel. «Qui a un portable?» questionne Antoine Lahorte, «Moi, dit la benjamine de la troupe», une ancienne infirmière âgée de seulement soixante deux ans. «Je peux m’en servir», demande Antoine Lahorte sur un ton qui ne peut accepter qu’une réponse positive; et il ajoute: «J’appelle le commissariat de Fontainebleau».