Le temps du souvenir n’est linéaire que dans les romans policiers et les mots cachent plus de choses qu'ils n'en révèlent… il n'y a pas de conditions objectives du récit. Emma Gallardon n’arrivant pas à comprendre pourquoi le cadavre de sa grand-mère avait été déplacé dans la grotte d’Arnette, a décidé de mener elle-même sa propre enquête et, pour cela, de fouiller la vie de sa grand-mère. Des malles abandonnées depuis des années dans le grenier de la maison familiale lui ont permis de poser quelques premiers jalons.

Saniette Gallardon est née en 1918 dans un quartier admirable de Constantinople.

Saniette Gallardon et son ami d’alors André Toscano ne voulaient jamais quitter leur école où ils se tenaient par la main.

N’a pas, dans sa vie, fait pas preuve de beaucoup de volonté, toute activité semble l’avoir fatiguée.

Il semble qu’ensuite elle ne pouvait vivre sans l'amitié d’une certaine Monika Jordan comme en témoignait une abondante correspondance maintenu sur de longues années.

Elle avait éprouvé une réelle admiration pour Dimitri Chostakovitch — c'est d’ailleurs à un concert consacré à Dimitri Chostakovitch que Saniette Gallardon rencontra Edward Johnson — et Madame de Charrières; elle avait rencontré la littérature avec "Mort à crédit". Saniette Gallardon aimait par dessus tout la peinture et tout spécialement “La main” de Valerio Adam mais ses passions circulaient de manière imprévisible ; la manière singulière dont l'amour pouvait torturer son coeur d'espérance n'était pas pour elle une situation inhabituelle.

Saniette Gallardon, très croyante, ne cessait faire des visites à l'église romane d'Azinou à Chypre qu'elle fit notamment pour la dernière fois, un mercredi de 1958.

Saniette Gallardon appréhendait les prévisions.

Sa phrase préférée, qu’elle avait soigneusement calligraphiée sur de nombreux documents etait : "la vie n'est à personne".

Toute sa vie, Saniette Gallardon avait éprouvé, comme le prouvait de nombreuses photos portant chacune un nom, pour les chiens.

Un ensemble de photos plus ou moins jaunies montraient à sa petite fille que sa grand-mère soignait son apparence. Ses traits étaient réguliers, elle avait une peau d'ambre, le front lisse, des yeux capricieux, un peu trop grands, une bouche d'une grande sensualité.

Cette première récolte d’informations diverses semblent à Emma intéressants et prometteurs, aussi décide-t-elle qu’elle va mener une recherche plus systématique et organisée. Certes elle manque de méthode mais elle a du temps devant elle et le peu qu’elle a déjà découvert révélant une grand-mère dont la vie était beaucoup plus complexe que ce qu’elle imaginait la persuade d’aller plus loin. Elle va s’atteler à une biographie de Saniette Gallardon.