C’est Évelyne qui reçoit l’appel d’Antoine Lahorte lui apprenant que son groupe venait de découvrir un cadavre dans la grotte d’Arnette. Ayant toujours dans la poche la lettre qui lui annonçait ce fait, cette nouvelle ne la surprend pas… «Qu’est-ce qu’on doit faire demande l’homme au bout du fil?» Le réflexe professionnel dicte à Évelyne sa conduite: «Ne bougez pas, on arrive.» Elle raccroche, se lève de son siège, va vers la porte du bureau de la commissaire, frappe… «Qu’y a-t-il?» demande la voix d’Albertine Mollet. «Un cadavre» dit Évelyne, «Encore, rétorque la commissaire qui ajoute, mais qu’est-ce que vous attendez pour entrer?» La jeune policière entre, se trouve face à sa supérieure qui vient de poser son livre sur son bureau et feint d’être occupée à signer des papiers divers: «Des promeneurs ont trouvé un cadavre dans une grotte du côté de l’hippodrome», dit-elle. «On y va, dit Albertine se levant, Dutronc, Marimbeau, venez avec moi, on prend le quatre-quatre!… Évelyne, appelez les Eaux et Forêts qu’ils envoient quelqu’un au carrefour… pour nous guider et nous ouvrir les barrières ». Quelques secondes après, la sirène de la voiture de police met de l’animation dans les rues de la ville.

«Inutile que je donne la seconde lettre, se dit Évelyne, ils ont trouvé le cadavre, j’ai un peu trop attendu… Ce serait idiot de prendre des risques» Puis elle pense: «D’autant que si c’est dans la forêt, ça concerne la gendarmerie, ça ne nous concerne plus…» Elle sort la lettre de la poche de son pantalon d’uniforme, la déchire soigneusement en morceaux minuscules puis, sur un prétexte quelconque, quitte son bureau et va faire disparaître le tout dans les toilettes.