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Une histoire sans fin
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Une histoire sans fin
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21 février 2007

Théo parle

Théo a dormi dix-huit heures.

Le docteur Cottard a interdit à sa femme de prévenir la police : il veut savoir le premier ce que Théo peut avoir à lui dire. Il a annulé tous ses rendez-vous de la journée, demandé qu’on le prévienne dès que son fils s’éveillerait. A onze heures, Léna Matoute frappe à la porte de son bureau: «Théo s’est levé… Il vient de prendre une douche, déjeune avec sa mère…». Jérôme Cottard se lève, va à la cuisine mais il ne veut pas avoir l’air de se précipiter. Il entre calmement, dit: « Tiens, vous êtes là !… Je prendrais bien un café… » S’assied à la table pendant que Marie-Gineste lui fait couler un expresso. Théo le regarde. Ils se regardent : Alors ?

J’ai tout raconté à maman.
J’aimerais bien que tu me recontes à moi aussi ce qui t’es arrivé.
Théo avale son bol de chocolat, pose son toast beurré : Ben… Je faisais du VTT dans la forêt, comme souvent, tu sais… Oui, où… Un peu comme d’habitude, autour de la croix du calvaire, j’aime bien, il y a de bonnes pentes et des sentiers qui zigzaguent entre les rochers. Tu sais, nous y sommes allés plusieurs fois ensemble. Je sais, alors… Alors rien, il devait être trois ou quatre heures, je ne sais pas exactement. Je suis arrivé à l’espèce de mur de roches qui coupe la pente vers le sommet, là où j’aime bien faire des sauts… Tu sais que je t’ai interdis de faire ça tout seul, c’est très dangereux… Oui, bof, j’ai jamais eu de problème… Sauf quand tu en as… théo préfère ne pas répliquer. Alors relance le père ? Alors, j’ai fait un ou deux sauts et je me préparais à remonter pour un autre quand un mec en VTT est sorti de l’espèce de petite grotte qu’il y a au milieu du mur. Je ne me suis pas méfié, il est venu vers moi. J’ai cru qu’il voulait me parler, ça arrive souvent entre amateurs de VTT : j’ai mis un pied à terre. Quand il a été tout près de moi, il a sorti un flingue… Un revolver ? Oui, un revolver. J’ai cru qu’il plaisantait mais il m’a dit regarde, je ne plaisante pas et il a tiré sur une branche qui s’est cassée en deux, tu as intérêt à faire ce que je te dis de faire. Remùonte sur ta bécane et avance, je te dirai où aller.
Nous sommes partis sur un sentier. J’espérais le lâcher à un moment ou una autre, mais il était fortiche, pas moyen de le décoller, il restait toujours à deux mètres derrière moi. Il m’a fait tourner dans des coins paumés que je ne connaissais même pas. Puis, au bout d’une heure environ, il m’a fait descendre de vélo et nous sommes partis à pied. Je n’arrivais pas à reconnaître où nous étions. Il m’a fouillé, m’a pris mon téléphone portable, m’a attaché les mains dans le dos et les pieds, m’a bandé les yeux, m’a mis à califourchon sur son vélo, m’a porté quelques minutes comme ça puis m’a fait descendre et marcher. Puis il m’a attaché à quelque chose, je ne sais pas quoi…
Tu as vu son visage ? Oui et non, il avait un casque, des lunettes noires, un foulard… il était en tenue de cycliste… difficile à reconnaître… Et ensuite?
Ensuite? J’ai attendu, longtemps, je n’y voyais rien. Je pense que j’étais dans une grotte, le sol était humide et ke pouvais toucher une paroi de grè. Au bout d’un moment, il est revenu, m’a fait boire, manger… puis il est reparti. Comme je m’emmerdais et que j’étais fatigué, je me suis endormi. Il m’a éveillé, m’a encore donné à manger. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, mais il m’a apporté à manger plusieurs fois.
Bon, dit le père, tu n’as rien d’autre à me dire? Non… Il ne t’a rien dit ? Rien…Tu es sûr que ça va maintenant? Oui… Bon, je vais appeler la police, dis-leur excatement ce que tu m’as dit.
D’accord.
Le Docteur Cottard va dans son bureau. Théo finit son toast.

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