Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Une histoire sans fin
Publicité
Une histoire sans fin
Archives
13 décembre 2006

Aléas

Les choses vont, les choses viennent, policiers, gendarmes, pompiers, employés de la SNCF n’ont rien trouvé sur la route des enquêteurs, sale temps pour la commissaire… Seul résultat tangible un cafouillage de plusieurs heures sur la ligne de chemin de fer Sud-Est. Déjà qu’avec les trains poubelles qui datent de la préhistoire ferroviaire ce n’est pas la gloire… faudrait entendre les voyageurs mais bon, ça c’est une autre histoire qui, pour l’instant, ne nous concerne pas…

En attendant Albertine est encore plus perplexe: pour faire preuve de décision encore faut-il avoir quelque chose à décider car, à part ce foutu bout de lettre anonyme, elle n’a rien de bien tangible à se mettre sous la dent. Du temps perdu, du temps perdu… de quoi vieillir plus vite. Rango qui va devoir éponger sa mauvaise humeur. Il est vrai qu’il a l’habitude et que sa philosophie lui permet de résister bien des choses. Si sa mollesse, sa nonchalance, sa placidité, son équanimité, sa quiétude, son détachement, son imperturbabilité, sa tranquillité [Rango peut supporter un nombre illimité d’étiquettes de ce genre…] l’agacent parfois, il faut bien reconnaître qu’ilss présentent aussi quelques avantages: si elle est englué dans les merdes du monde jusqu’au cou, lui reste en dehors… une autre façon de voir les choses… En tous cas, une autre journée de perdu à s’occuper de non-événements. A ce rythme là elle va se retrouver vieille avec l’impression de ne jamais avoir rien fait de sa vie.

Elle décide de rentrer chez elle… Dans sa boîte aux lettres, une autre lettre anonyme: «fausse piste… au dernier moment je n’ai pas pu agir… ce n’est que partie remise… on va s’amuser…» avec cette fois la signature:Érysichton, réalisée avec des lettres soigneusement découpées… Ça commence à bien faire, Albertine n’a pas envie d’être emmerdé comme ça par un maniaque qui lui fait perdre du temps, perturbe le fonctionnement du commissariat et fait baisser ses performances —ce qui n’est bon pour personne… Il faut qu’elle s’occupe sérieusement de ce fou… Elle ne sait pourquoi mais elle ne peut imaginer que ce soit une femme. peut-être la signature qui fait masculin ou l’intuition professionnelle que ce genre de maniaque est plus souvent du genre masculin… En tous cas lui —ou elle— la connaissent bien puisqu’ils utilisent sa voiture et son adresse personnelle… Il y a peut-être là un moyen de monter un piège… Albertine rentre chez elle. Rango est là, affalé dans un fauteuil, pieds sur un pouf. Il lit des poèmes «Cent un poèmes du poète aveugle…», sa nouvelle manie, il paraît que ça le délasse… De quoi peut-il bien avoir à se délasser? —Veux-tu un Martini, chérie? Rango est désarmant: elle acquiesce.

Publicité
Commentaires
Une histoire sans fin
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 39 360
Derniers commentaires
Publicité
Publicité