Albertine revient

Élément de l'hyperfiction "La Disparition du Général Proust"

01 novembre 2006

Un roman se dessine

Tête pleine de phrases, de mots —hexagrammes, mésanges, meurtre, assassinat…— mais rien qui vaille. Rien qui s’impose. Marc Hodges marche dans le parc sauvage du château de Fontainebleau. Grandes enjambées. Il ne voit rien, n’entend rien. Il est tout entier dans sa tête. La marche pour activer la pompe cardiaque. La marche aveugle comme drogue. Il veut écrire. Sait qu’il va écrire. Son roman est là, il le tient. «l’œil de la caméra survole la forêt, treillis de branches, branchages, vert, verts. L’œil de la caméra est un œil de vautour qui tourne au-dessus d’un cadavre. Des branches, rien que des branches, une texture verte mêlée de jaune et d’ocre, l’œil passe vite sur le paysage. Il tourne. On voit qu’il tourne, les mêmes éléments de décor reviennent. Se rapprochent. Entre les branches, un rocher. Sur le rocher l’ombre d’une aile. Apparaissent des fougères. Des rochers, des blocs rocheux. L’ombre de l’aile tourne sur l’un d’entre eux. Insiste. On devine qu’elle signale un drame…» Ça pourrait être un début. Intéressant de jouer ainsi entre cinéma et roman. «Ce jour-là, le lendemain de l’enterrement d’A.J., Maro Stavros marche à grands pas dans la forêt. Il n’a pas de but précis, se contente de suivre sans y penser, les signes bleus tracés de loin en loin sur les arbres ou les roches. Il pourrait se perdre. il aurait envie de se perdre. Se perdre pour oublier, presser le pus épais de ce chagrin qui l’étouffe, s’éloigner de tout… mais il se contente de suivre sans y penser les stupides petites marques bleues que des individus bien propres sur eux, domptant la sauvagerie naturelle de la forêt pour en faire un parc d’attraction, ont déposé là…» Ça pourrait aussi commencer ainsi. Plus littéraire. Pourquoi Maro Stavros. Il ne le sait pas. Ne se demande même pas pourquoi il ne le sait pas. Ce sont deux mots qui vont bien ensemble, qui sonnent bien. Ça suffit… En tous cas, le roman commence par la découverte du cadavre de la vieille dame dans un abri sous roche de la forêt de Fontainebleau. Comme dans la réalité même si ce n’est pas le fait divers qui l’intéresse en tant que fait divers. Ce qui l’intéresse c’est l’ambiguïté de cette forêt, à la fois sauvage, campagnarde et citadine. Une forêt mutante… et l’idée de ce cadavre de vieille femme en ce lieu, comme si tout avait été fait pour qu’il soit rapidement découvert. C’est déjà une histoire. Quelque chose d’intermédiaire entre le probable et l’improbable, entre le crédible et l’incroyable. Marc sait qu’il tient un bon sujet… Il lui faut marcher, marcher encore pour faire le vide, laisser se déverser le trop plein d’idées qui l’empêchent encore de tracer une trame simple. Décanter, laisser se déposer la lie… Il a l’habitude. Il sait que ça viendra, qu’il suffit de marcher, puis de se mettre à écrire… mais ça c’est une autre histoire.

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25 novembre 2006

Des mésanges sur un fil

Les gens font souvent des choix qui se révèlent incompréhensibles et qui ne tiennent peut-être que du hasard. Lorsqu’on est d’humeur à tomber amoureux, ou à se marier, peut importe sans doute quel est celui ou celle que l’on croise au coin de la rue. On veut trouver quelqu’un, et il y a quelqu’un, et l’on finit par se convaincre que cette personne surgie par hasard est en fait celle que l’on recherche depuis le départ. Dans la vie, on trouve exactement ce que l’on cherche, se dit souvent Marc Hodges. Et il a raison: quand on cherche le bonheur, on le reconnaît. Quand on opte pour l’absence de confiance, l’envie ou la haine —ou toute chose de ce genre— on finit vite par trouver cela aussi; quand on cherche la solution a une énigme, elle finit par se résoudre et parfois même toute seule. la nuit pendant son sommeil par exemple. Quoique!… Enfin c’est quand même plutôt juste. Marc cherchait une réponse à l’alignement des mésanges dans la forêt: il la trouve un matin, par hasard en ouvrant distraitement un magazine. Sur une des pages qu’il feuillette distraitement, il tombe sur l’ensemble des hexagrammes utilisés par le Yi Jing et —pourquoi, il ne saurait le dire—  sur l’hexagramme 63 qui lui paraît plus attractif que les autres et dont il lit le commentaire: «Quand l'oeuvre est achevée, il ne reste plus que les petites finitions, il ne faut pas penser aux grands bouleversements et aux nouvelles réalisations. Consolider les acquis afin de les faire durer dans le temps, se prémunir du matériel nécessaire pour réparer immédiatement les dégâts, surveiller étroitement ou éloigner les corrupteurs.» Éblouissement, illumination… Il ne reste plus que les petites finitions: l’essentiel de son travail est réalisé, il a dans la tête le plan de son ouvrage qui se présentera comme un état de confusion mentale, le roman policier de la confusion mentale. Si c’est possible… et puisqu’il le veut, ce sera possible car au fond, vouloir et être sont, dans ce domaine, peut-être la même chose. Il ne sait pas… il ne sait plus… Peu importe. En tous cas, l’alignement des mésanges représente un des traits de l’hexagramme 63, le premier: —  — Restent à décider que, dans la forêt de son roman figurent les cinq autres. Bien entendu, cet hexagramme forestier ne pourra que désigner un espace, celui rituel du meurtre. Il y aurait «du chinois» là-dedans et du mysticisme et de l’interprétation et de la métaphysique et de la psychologie et du social… bien sûr du social puisqu’il en a décidé ainsi et tout ça s’enchevêtrerait dans un réseau apparemment indémêlable de causes, conséquences, circonstances, opportunités, rencontres, occasions, conjonctures, situations, événements, intentions, desseins, aléas, volontés… le tout finissant par devenir limpide au lecteur dès lors qu’il accepterait de ne pas adopter un point de vue unique mais de changer de points de vue suivant les moments de sa lecture. Marc Hodges se sent tout excité par ces idées. Ne reste plus qu’à les mettre sur le papier.

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06 janvier 2007

Une autre lettre anonyme

Cottard ne s’est pas assis. Il hurle: «il faut agir… et agir vite». Albertine Mollet s’efforce de le calmer  «Calmez-vous… calmez-vous… expliquez-vous d’abord si vous voulez que nous puissions faire quelque chose…» Cottard respire profondément, ferme les yeux, les ouvre. Albertine lui montre un siège en face de son bureau: «Asseyez-vous… asseyez-vous et expliquez moi». Cottard s’assied, se replie sur lui-même prenant quelques secondes une position vaguement fœtale. Puis il se déplie, regarde la commissaire, prend dans la poste intérieure de sa veste une feuille de papier qu’il tend à Albertine: «Voyez vous-même!» Il attend.

Albertine prend la feuille, l’examine attentivement: une feuille de papier à lettre classique sans filigrane, 21 x 29,7, blanche, un peu sale, un peu froissée-défroissée, des cernes grisâtres montrent qu’elle est restée un temps dans un lieu humide et sale, peut-être même qu’elle a été mouillée. Des plissures révèlent qu’elle a été pliée en trois dans le sens de la largeur, peut-être pour être glissée dans une enveloppe au format allongé, dans le haut de la feuille quelques traces de gomme laissent penser qu’elle a été détachée d’un bloc de papier à lettres? Rien de remarquable.

Cottard s’impatiente: «Lisez, mais lisez donc» Elle dit: «Je fais mon métier comme je l’entend» Il se tait, soupire, appuie ses coudes sur ses genoux, prend sa tête dans ses mains, ferme les yeux. Elle ouvre la feuille de papier, reconnaît immédiatement le procédé des lettres anonymes précédentes, le message est fait de mots découpés dans un journal quelconque et collées. Elle pense : trouver le journal… Elle lit:

«Théo avait besoin d’une leçon. Je la lui ai donnée. Cherchez au cœur de la forêt le centre de l’hexagramme 63. Dans quelques jours il sera mort.» Le texte est signé d’un mot composé de lettres de couleurs collées une à une: «ERYCHSISTON».

Albertine lève la tête, regarde le Docteur Cottard. Il la regarde. Ses yeux sont suppliants. Ne sachant que dire, elle examine à nouveau la lettre.

08 janvier 2007

L'hexagramme 63

Pour Marc Hodges — qui ne sait pas encore que la réalité dépasse sa fiction et ne connaît rien de la lettre anonyme reçue par le Docteur Cottard — il s’agit d’un problème de nature littéraire : maintenant qu’il a décidé d’utiliser cet hexagramme comme élément de sa fiction et de le centrer sur la Grotte d’Arnette où ont été retrouvés à la fois le cadavre réel et celui fictionnel des deux vieilles dames, il s’agit de décider ce qu’il va en faire. D’une part, il lui faut amener Albertine Schwilk (ou quelqu’un du commissariat ou de la gendarmerie) à le découvrir, donc imaginer comment ce « quelqu’un » pourrait être amené à se retrouver à la grotte d’Arnette et comment il pourrait avoir l’idée de repérer cette forme dans le fouillis de la forêt. Si lui, Marc Hodges, avait eu cette idée, d’autres pouvaient l’avoir et puis, en tant qu’auteur, il pouvait jouer avec les situations… D’autre part, l’hexagramme renvoyait à la Chine. Il lui fallait donc des chinois. Il lui fallait mettre en relation le cadavre de la vielle femme avec des chinois… Tout cela devait tenir debout, il n’arrêtait pas d’y penser…

Dans la réalité, pour Albertine Mollet, c’était un peu différent car elle ne connaissait rien aux hexagramme. Bien sûr, elle se renseigna sur Internet, sur Wikipédia et d'autres sites mais elle ne parvenait pas à établir une relation quelconque entre le jeune Théo et cette figure du Yi Jing pas plus qu’elle ne pouvait comprendre (Évelyne Puget ne lui ayant encore rien dit) pourquoi ce fils de bonne famille était menacé. Il lui manquait un mobile sérieux et elle ne voyait pas, Balpe, le voisin notaire, construire un tel chantage.

Le Docteur Cottard — qui avait aussi consulté Internet — se posait aussi des questions : il ne soupçonnait absolument personne, se trouvait face à un mur derrière lequel son fils était en danger. Lui qui était persuadé de pouvoir dominer toutes les situations était totalement désemparé eu point qu’il n’avait pas encore osé parler à sa femme de la lettre anonyme déposée à sa consultation de l’hôpital.

Quant à Évelyne Puget, la seule qui aurait pu émettre quelques hypothèses intelligentes à ce sujet, elle ignorait tout de la lettre anonyme et de la raison de la venue furieuse du Docteur Cottard. Elle ne s’inquiétait que pour avoir dépucelé le jeune homme pensant que le père en avait eu connaissance et que c’était à ce sujet qu’il était venu porter plainte.

Pour l’instant, aucun des autres protagonistes — Théo mis à part bien entendu (mais à cette étape du récit nous n’avons pas accès à lui) — de cette affaire n’étaient concernés.

23 janvier 2007

Perplexité d'Albertine Mollet

Les choses au jour le jour n'ont pas leur place dans un roman, les deux histoires, celle d’Albertine Mollet et celle d’Albertine Schwilk tendent à se distinguer maintenant, dans le monde Mollet, pas de cadavres chinois même s'il y en a d'autres. Albertine Mollet se reproche de ne pas avoir su prévoir les événements, pour le moment elle ne dispose pas d’assez d'informations pour connaître la solution de tous ces incidents et retrouver le jeune Théo, les conséquences de cette affaire se propagent comme une mauvaise herbe l'asphyxiant totalement. Dans cette histoire le temps joue contre elle. Albertine est logique mais parfois l'intelligence fait trop vite des rapports entre les choses - tout ce qu’elle peut faire, c'est essayer de poser des questions... Elle ne comprend pas le sens que cela a, a le pressentiment d'être sur une corde raide, en train de jongler avec trop de possibles, trop d’inconnus. Pourtant, la commissaire Albertine Mollet estime qu'elle finira par trouver des traces (quand les événements se déroulent trop vite, peu importe si vous êtes très prudent). Elle n'a jamais rencontré quiconque ayant la plus vague idée des authentiques raisons le poussant à faire quelque chose, Albertine sait donc qu'elle doit s'attendre à ne pas voir les choses se produire comme elle les imagine... Elle se sent plongée en plein polar mais l'essentiel est de ne pas être prise par surprise.

Albertine se masse doucement la tempe gauche du bout des doigts comme si elle sentait les premiers signes d'une migraine: son crâne est en plein désordre, sous des prétextes quelconques elle passe son temps à rôder d'un bureau à l'autre... Parfois, c'est une chance de ne pas penser… Les relations entre tous les événements récents lui paraissent dénués de signification, elle a de plus en plus le sentiment de faire de la une corde raide; l’inquiétude finit par dominer toutes ses actions, toutes ses pensées, pourtant elle n’ignore pas que l'essentiel est de ne pas être prise par surprise.

Albertine est en plein désordre... Le temps joue contre elle dans cette histoire, cela ne peut durer toujours… Elle ne comprend rien à cette histoire d’hexagramme, se demande ce que le Yi Jing vient faire ici mais il n'est pas dans son caractère de se plaindre de ce genre de choses mais il arrive que les choses diffèrent de ce qu'on croit.... Albertine a quand même l’angoisse qu'il puisse se produire quelque chose d'extraordinaire, Elle n'est pas née de la dernière pluie, elle est préoccupée par toutes les lettres anonymes qui l'envahissent - a besoin de réfléchir…

Les énigmes tendent à devenir l'incident central de son identité: elle sent que la terre est quelque part sous elle...

30 janvier 2007

Retour à la grotte d'Arnette

Besoin de documentation ? Peut-être !…

Marc Hodges est dans la forêt, il marche sur le sentier vers la grotte d’Arnette. Il veut en avoir le cœur net, vérifier s’il a vu ou s’il a imaginé, si une fois encore la réalité de ses souvenirs s’est laissée, ou non, contaminer par l’irréalité de son imaginaire. Appareil photo en main, il approche de la grotte d’Arnette. Il est seul dans la forêt à cette heure matinale qui voit, vers l’orient, un soleil pâle encore colorer vaguement d’une lueur orangée la cime des arbres les plus hauts. Il aime cette solitude, tranquillité, calme, silence où ne se perçoit que le très léger bruissement du vent dans les feuillages né de la venue du jour. Espérant toujours avoir la joie de surprendre un animal quelconque — sanglier, renard, biche, lièvre… un cerf improbable— il marche soigneusement sur le sable de grès humide dont la souplesse étouffe ses pas. De temps en temps, il marque une pause et, pour une raison de lui seul connu prend une photo numérique. Il fera le tri ensuite, l’essentiel est de conserver une trace de ce qui à un moment donné lui paraît intéressant pour, peut-être, l’exploiter ensuite.

Il arrive à la grotte d’Arnette, prend quelques clichés de ses environs, essaie de repérer dans les feuillages les tâches blanches des tissus les deux petites tâches blanches symétriques par rapport à la grotte qui lui avaient permis de découvrir les linceuls, marqués de l’hexagramme 58 du Yi Jing, des cadavres de mésange. Il ne voit rien. Se dit qu’il va lui falloir chercher soigneusement mais que sans le repère visuel qu’ils constituaient, dans le chaos feuillu de la forêt, les retrouver va être difficile. Qu’importe, procédant par avancées circulaires concentriques, il y mettra le temps qu’il faudra. En attendant, il ne va pas reproduire l’erreur de sa première visite, il lui faut photographier le moindre détail, faire un plan des lieux, comme un enquêteur professionnel, relever des indices. Il sort sa carte au vingt-cinq millièmes, marque en route l’emplacement précis de la grotte d’Arnette, note les quelques points remarquables proches vers lesquels il devra aller. Ensuite, ensuite seulement, il photographie l’entrée de l’abri sous roche et se décide d’y pénétrer.

Dès son premier pas dans l’obscurité de la grotte, à peine lui a-t-il semblé entrapercevoir le déplacement d’une silhouette humaine qu’un coup violent sur son crâne le fait tomber à terre et le prive quelques instants de conscience.

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08 juin 2007

Analyse de l'hexagramme 63

Albertine Schwilk est dans la panade : elle ne comprend plus rien à tous ces enchaînements d’événements qui semblent partir dans tous les sens. La seule ligne qui lui semble cohérente est celle qu’elle appelle « la piste chinoise » et qui peut se résumer ainsi : à l’origine, dans la grotte d’Arnette, un cadavre de vieille femme qui s’avère être celui d’une vieille chinoise disparue du treizième arrondissement de Paris, deux autres cadavres chinois dans le Grand Canal du château de Fontainebleau, ensuite des hexagrammes tirés du Yi Jing, l’hexagramme 63, plus précisément au sujet duquel le spécialiste (un certain Jérôme Soulat- qu’elle a interrogé lui a envoyé le rapport suivant :

« Il faut considérer tous les hexagrammes comme des situations. Leur degré d'instabilité est donné par le nombre de lignes "non en place", c'est à dire de lignes yin en position impaire ou yang en position paire. L'instabilité n'est pas forcément mauvaise et doit être étudiée au cas par cas.
C'est bien souvent là que les mutations vont éclairer l'interprétation. Les mutations indiquent par où s'effectue le changement.
Il est clair qu'à partir d'une situation donnée, un changement peut être bénéfique ou maléfique. Certains changement renforcent, d'autres érodent, d'autres enfin font s'effondrer l'édifice.
Par exemple, dans l'hexagramme 50 (Le Chaudron), il est certain qu'une mutation en ligne 6 est favorable, car elle mettra "en place" la ligne supérieure liée au sage, au fou, à la spiritualité. Mais attention ! Toute mutation vers une position "en place" n'est pas nécessairement positive. Dans le même hexagramme, la mutation de la ligne 4 n'est pas favorable. Pourquoi ? Parce que l'instabilité générale de l'hexagramme est créative (yang pur interne bas) et la mutation de 4 ferait apparaître une force d'inertie dangereuse (montagne supérieure) qui empêcherai le bouillonnement d'être réellement productif.
Un exemple concret : madame x souhaite exposer ses peintures dans la galerie y et consulte l'oracle. Elle obtient l'hexagramme 50 avec une mutation en 4/
Cela signifie que la galerie refusera probablement l'exposition, où si elle accepte, qu'elle imposera une ligne de présentation inadéquate. Rien n'est alors perdu. Il faut travailler dans ce cas le concept et l'argumentaire pour convaincre "par le haut", en donnant des arguments forts et frappants.
Que faire quand plusieurs lignes mutent ?
Quand on étudie un tirage avec plusieurs mutations, il faut être assez prudent dans l'analyse :
On peut considérer en effet que les textes des lignes nous disent : "Voici ce qui se passerait si l'hexagramme ne mutait QUE par cette ligne." Si plus de deux lignes mutent, plusieurs trigrammes seront affectés, modifiant en profondeur l'hexagramme principal.
Prenons un exemple: l'hexagramme 63 ("après l'accomplissement") est parfaitement structuré. Toutes les lignes yang sont en position impaire tandis que les yins sont en position paire.La mutation d'une ligne unique quelconque marque donc la fin de cette harmonie. Cependant, une situation équilibrée est assez stérile. Elle manque de force vitale (en thermodynamique, on parlerait de différentiel de potentiel). Si plusieurs lignes de notre hexagramme 63 mutent, peut-être vont-elles créer la tension nécessaire à des réalisations. Si les lignes 2 et 5 mutent simultanément (les traits forts des deux trigrammes), alors nous obtenons "la paix" (hexagramme 11). Si les lignes 3 et 6 mutent, nous obtenons "Augmentation" (hexagramme 42), particulièrement favorable à de grands projets, ce qui était impensable dans la situation initiale.
Que faire si aucune ligne ne mute ?
En théorie, si aucune ligne ne mute, on ne lira que le commentaire et le jugement. Toutefois, la lecture de toutes les lignes permet de voir comment "pourrait" changer la situation. Mais je ne le conseille qu'aux personnes expérimentées car on sort de l'aspect "diagnostic" du Yiking pour pénétrer dans le monde de la magie syncrétique. Si aucune ligne ne mute, il faut s'imprégner de la situation décrite et s'attacher à voir ses équilibres au delà de la simple idée de ligne "en place" ou "non en place ». »

Ce texte, long, abscons, n’est pas fait pour diminuer sa perplexité…

Posté par hodges à 14:56 - Albertine Schwilk - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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