02 octobre 2006

L'inspiration

Retour à l’ordre normal des chosesPendant une quinzaine de jours, l’enquête n’avança pas vraiment: on ne signalait aucune disparition de vieille dame dans la région et le fichier central des personnes disparues ne contenait aucun signalement correspondant à celui du cadavre trouvé dans la grotte d’Arnette. L’affaire commençait à ne plus présenter d’intérêt pour personne: la gendarmerie avait autre chose à faire avec les excès de vitesse, les conducteurs sans permis ou en état d’ivresse, les cambriolages de pavillons, les tapages... [Lire la suite]
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03 octobre 2006

Toute vie est une fiction

Marc Hodges n’avait aucune idée ni du fonctionnement d’un commissariat ni de ce qu’était réellement une enquête mais il était intimement persuadé que l’imagination pouvait supplier à tout et que la plupart des romans réalistes —ou des passages de romans qui se voulaient réalistes— ne fonctionnaient en fait que sur une qualité d’écriture qui permettait au lecteur de projeter son propre imaginaire dans celui de l’écrivain et, par suite, de penser vrai ce qui, après tout, n’était qu’une construction syntaxique. La fiction n’est qu’une... [Lire la suite]
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04 octobre 2006

Description d'un corps

Bien que confiant en sa capacité imaginative, Marc Hodges n’ignorait pas que tout récit, pour donner l’illusion du réel, avait besoin de traiter du monde de la façon dont les hommes concernés en parlaient généralement. Cette règle élémentaire d’écriture impliquait seulement qu’il ne fasse pas parler un commissaire comme un enfant de chœur ou une charcutière comme un professeur de Sorbonne. Encore que… Il savait aussi que le pittoresque de tel ou tel personnage pouvait reposer sur de telles aberrations apparentes. Bref, pour un... [Lire la suite]
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05 octobre 2006

Comment s'écrivent les récits

Commencer un roman est chose relativement facile, il avait suffi à Marc Hodges de consulter le fichier des personnes disparues pour y trouver sa première page. Plus difficile est de le poursuivre car l’écriture, même si elle est totalement imaginaire et ne repose sur rien de réel, dans la mesure où elle vise une certaine ampleur, implique une construction: il faut des lieux, des personnages, des actions… il faut entre les lieux et les personnages une logique qui —même si elle s’éloigne totalement de l’histoire, de l’actualité ou de la... [Lire la suite]
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10 octobre 2006

Comment écrire un roman

Marc Hodges avait décidé de faire de son nouveau roman —qu’il intitulerait «Le cadavre de la grotte d’Arnette»— ce que les journalistes ne manqueraient pas d’appeler «une grande fresque sociale» —c’est d’ailleurs ce qu’indiquerait le prière d’insérer envoyé par son futur éditeur à tous les journaux d’Europe— dans laquelle il décrirait la situation psychologique et matérielle de son époque montrant comment on était passé de quelque chose comme une pureté naïve combattante des années 60 à ce qu’il appellerait «l’intégration biologique... [Lire la suite]
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13 octobre 2006

Hodges cherche une piste

Bien décidé à écrire rapidement son roman —il était dans une phase difficile et, pour lui accorder une maigre avance, son éditeur demandait qu’il lui envoie les cinquantes premières pages du manuscrit— Marc Hodges avait commencé son enquête. Tout d’abord, comme à son habitude, il avait fréquenté les cafés. Le petit village de Recloses n’en ayant aucun, il s’était contenté de ceux de Fontainebleau susceptibles de diffuser les informations locales et donc, essentiellement des quatre installés autour de la place du marché. Ainsi, au café... [Lire la suite]
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18 octobre 2006

Le ventre de la forêt

Marc Hodges entre dans la forêtMarc avança dans le sentier sous les arbres, il vit ce qu’il y a à voir, qu’il avait pris l’habitude de ne plus voir parce qu’il l’avait si souvent vu: des arbres aux troncs sombres, des fougères, des herbes rases, des hêtres, des chênes, un sentier plus ou moins large, du sable, des rochers de différentes tailles… l’air toujours humide… le tout dans une lumière brumeuse atténuant encore les couleurs déjà grises du paysage. Il n’y avait pas un bruit, même pas le chant d’un oiseau quelconque, même pas... [Lire la suite]
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20 octobre 2006

La morte en son théâtre

Devant, sur son chemin de retour, repasser à proximité de la grotte d’Arnette, Marc, intrigué par sa découverte du mouchoir à la mésange noire, décida, pour être certain de ne rien regretter, de faire un dernier examen des lieux. Il s’attacha d’abord au sol, puis au rocher lui-même qui formait abri en examinant soigneusement toutes les anfractuosités puis il élargit sa recherche aux environs immédiat et enfin essaya d’avoir une vue d’ensemble s’installant pour cela sur le rocher lui-même. C’est alors qu’il aperçut, évident sur la... [Lire la suite]
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23 octobre 2006

La littérature peut tout

Retour à la maison, une nuit de sommeil et de pensées enchevêtrées comme cordes nouées. Trop de réflexions et de bifurcations. Trop de coïncidences et de relations. Il ne pouvait penser à autre chose: trop de coïncidences. Marc échafaudait hypothèses sur hypothèses: la grotte d’Arnette et son cadavre, à droite celui d’une mésange noire, à gauche celui d’une mésange charbonnière. Deux points équidistants de la grotte traçant une droite. Toutes deux dans un papier de soie, la première avec le tétragramme Yi Jing 56, la seconde avec le... [Lire la suite]
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25 octobre 2006

Écrire avec un tableur

Retour home. Marc a la tête pleine de projets, d’idées, de désirs d’écriture. La marche, certainement la marche. Et la forêt, le fouillis de la forêt, l’espèce d’excès dans la réalité dont la fixation devient insupportable. Tant de choses qu’il n’aurait même pas pu énumérer, de relations, de coïncidences… Maintenant il fallait donner de l’ordre à tout ça. Sa tête était un chaudron où cuisaient des choses disparates, des formes floues, des mouvements, des couleurs indistinctes, des images. Maintenant il fallait mettre de la logique... [Lire la suite]
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