Le cadavre qu’Albertine Mollet avait devant les yeux semblait être, même si le séjour dans la grotte an avait altéré l’aspect et dans la mesure où sa lampe de poche lui permettait de voir, celui d’une vieille dame —le légiste confirmerait ou infirmerait cela— mais ce qui l’intrigua le plus, c’est que, malgré la saleté inhérente au séjour dans l’humidité de la forêt, elle semblait vêtue avec un soin extrême, comme si elle avait mis ses plus beaux habits. Cette «femme» portait aussi un médaillon qui semblait en or et, l’auriculaire de sa main droite avait une alliance. Pour le reste il faudrait attendre d’autant qu’il n’était pas question de piétiner dans la grotte au risque de détruire les indices éventuels. Suicide, assassinat, accident… rien pour l’instant n’était sûr. Comme elle devait le faire, Albertine avait appelé la gendarmerie et attendait l’arrivée imminente de leur équipe scientifique seule habilitée à toucher le corps et à analyser avec précision tout ce qui pourrait constituer un indice. Les déplacements des randonneurs avaient assez bouleversé le sol sableux pour faire craindre le pire.

Pour l’instant, Albertine s’était contentée de faire relever l’identité de ces randonneurs —dont certains paraissaient choqués— puis de faire venir un fourgon de police pour les conduire à la gare de Bois-le-Roi où ils devaient reprendre le premier train pour Paris. La commissaire ne croyait pas que ce groupe de personnes âgées ait quelque chose à voir avec la morte: elle préférait s’en débarrasser au plus vite.